Pays riche, peuple pauvre !

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Archive pour février, 2008


Tous des voleurs !

29 février, 2008
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  Il est vraiment scandaleux de constater que les institutions bancaires internationales, notamment européennes, continuent de passer sous silence les comportements ignominieux des voleurs qui rongent l’Etat algérien. Ces banques, qui se disent respectueuses des procédures équitables, justes et honnêtes, ne se sont jamais donner la peine de stopper les pratiques désastreuses contre l’Algérie et sa population. Plus que cela, puisqu’on  pourrait même parler d’une coalition criminelle de ces banques avec la mafia algérienne, si l’on considère ses conséquences directes sur la vie sociale des citoyens. 

  De prime a bord, les banques étrangères sont partie prenante dans les pratiques de « blanchissement » d’argent, obtenu illégalement par les gouvernants algériens, civils et militaires. Il est à se demander d’ailleurs comment les responsables de ces banques, qui savent d’où viennent ces fonds, continuent de traiter avec douceur et doigté ces voleurs qui ont exporté un flux énormes de sommes d’argent. 


  Les gouvernants algériens et leurs larbins de l’administration, de la justice agissent en toute impunité, derrière le voile du feu. Ils ne jugent pas la gravité de leurs faits et ne tiennent pas compte de l’avenir de l’État algérien et de ses enfants malheureux. Comment la dette algérienne (et  les revenues du pétrole) s’élève par des montants qui frôlent la fiction? Comment les gouvernements «justes et démocrates»  ferment les yeux sur des pratiques publiquement condamnées? D’autant qu’il est facile  d’identifier et de contrôler les fétides dictatures et la source de leur survie.  

  Il est en toute évidence clair que certaines banques des pays développés cautionnent les détournements des dirigeants des pays sous développés. Elles couvrent ainsi le régime algérien dictateur sans jamais se donner la peine de demander d’où viennent ces richesses et comment arrivent elles entre les mains des détenteurs de ces comptes.  

  Pour cela, et au nom des traités internationaux sur la protection des finances publiques et au nom des lois internationales sur le traitement des fonds d’origine douteuse, et au nom du droit pénal international en vigueur, les Mouvements algériens, partis politiques et associations, doivent demander officiellement aux responsables des banques concernées de lever le secret bancaire et de mettre a nu les fossoyeurs de l’Algérie qui alimentent leurs comptes a travers les pratiques illicites et le détournement des deniers publics.  


  Il n’est pas acceptable aujourd’hui que le peuple algérien souffre la misère et la pauvreté (plus de 20 millions de pauvres très pauvres)  tandis que les richesses algériennes, que ce soit en Algérie ou à l’étranger, ont dépassé le seuil de 200 milliards de dollars. 

  Il n’est pas acceptable aujourd’hui que la mafia au pouvoir continue de téter les dernières gouttes de sang du peuple algérien, avec la complicité de Bouteflika et de ses « magistrats faussaires » qui ne se sont jamais donnés la peine de combattre  fermement le vol, puisqu’ils sont partie prenante. 
 

  Il n’est pas acceptable que Bouteflika, le symbole des opportunistes et des généraux ventrus, continue de prétendre que le pouvoir n’est pas responsable du gâchis qui a hypothéqué l’avenir des enfants de l’Algerie. 


  Il n’est pas acceptable aujourd’hui que le peuple algérien reste passif face à la destruction de l’économie algérienne et à la vente de l’Algérie par ces nouveaux Colons.  


  C’est pour toutes ces raisons que nous sommes plus que jamais interpellés pour mettre fin a « ces fléaux » afin de sauver l’Algérie de la main des spoliateurs de la nation et des généraux du crime.      Cet appel s’adresse aussi et surtout aux enfants de martyrs et aux moudjahiddines, qui sont restés fidèles au serment (s’il y en a quelques uns), pour assumer leurs responsabilités devant le pourrissement de la situation du pays, d’autant qu’ils sont les plus concernés  pour dénoncer et combattre les voleurs et  harkis de la  promotion Lacoste, et leurs valets serviteurs, qui ont trahis la mémoire des Chouhadas.  

OMAR.SAADA 

Un prix Nobel (de l’impunité) pour Boutef !

24 février, 2008
Non classé | 3 réponses »

Témoignage Numéro 1 

 Ce qui s’est passé a Lakhdaria (ex : Palestro) le mois de mai 1994. 

Comment faut-il qualifier un état qui  bafoue la dignité humaine, qui bâillonne les libertés et réprime sauvagement les enfants de son peuple. Les atrocités endurées par les habitants de Lakhdaria et le peuple algérien, que j’évoque dans ce témoignage,  dépassent tout entendement. 

Après les arrestations arbitraires, les exécutions extrajudiciaires, la torture « institutionnalisée », les algériens ont assisté, le mois de mai 1994,  a une sauvagerie indescriptible, dont furent victimes d’innocent citoyens kidnappés de nuit de leurs domiciles par des militaires, obtempérant aux ordres  d’une secte au pouvoir, qui les ont arrachés aux leurs pour toujours. 

Si je reviens pour parler de cette affaire, c’est parce que le dernier des  dictateurs algériens, Bouteflika, veut a tout prix postuler au prix Nobel de la paix, en imposant sa loi d’amnistie générale,  avec la bénédiction  des  généraux assassins qui se sont fait pardonner pour ne pas devoir rendre des comptes. 

C’est pourquoi,  ma conscience m’interpelle, en tant que citoyen de cette ville et de ce pays ensanglanté, d’apporter ce témoignage sur ce qu’a vécue ma ville comme atrocités de la part d’une armée de mercenaires. Je précise que, rien que pour le cas de Lakhdaria, ce carnage n’est qu’une goutte dans un océan. 

Que s’est-il passé donc ? 

A la mi-mai débuta une campagne d’arrestations de citoyens sans distinction d’age ni de couche sociale. L’ahurissant dans cette sordide histoire, c’est que les personnes arrêtées n’avaient, pour la plupart, aucune relation avec le mouvement islamique. 

Le lundi 23 mai 1994, deux cadavres, totalement nus, ont été exposés dans la rue de la gare, l’une des rues principale de la ville. Ces derniers ont été identifiés : Gadi Farid et Azergui Fatah, âgés de 24 et 25 ans. Cette découverte macabre secoua les habitants de cette ville et la rumeur de l’assassinat collectif d’autres citoyens, arrêtés à la mi-mai, circula comme un vent de sable. L’angoisse s’empara des familles concernées. Des citoyens se mirent à courir dans tous les sens a la recherche de cadavres. Le spectacle était apocalyptique. On criait de partout. Des cadavres commencent a apparaître par ci par la. 

Dans  la matinée du mardi 24, six (6) cadavres ont été  découverts dans un champ situé à la sortie sud de la ville. Ils avaient des membres coupés et le visage défiguré. C’était un véritable magma de chair et de sang. Trois autres cadavres décomposés ont été rejetés par l’oued Issers et ont été récupérés par les sapeurs pompiers et dirigés vers l’hôpital. Ces cadavres n’ont pas pu être identifiés par les familles du fait de la décomposition avancée. D’autres cadavres, dont certains décapités,  seront découverts au fur et a mesure dans plusieurs endroits, notamment  la décharge publique de la ville et a proximité de la RN5.   Plusieurs têtes de personnes seront jetées dans plusieurs quartiers et dans la cour de  la grande mosquée située au centre ville. Le spectacle était effroyable. Chaque matin, et durant deux longues semaines, des cadavres étaient  découverts a chaque coin de rue. Aucun quartier n’avait été épargné, car  Il s’agissait, bien entendu, d’un plan diabolique planifié par les services spéciaux pour instaurer un véritable climat de terreur au sein de la population.

Au total, plus de 50 personnes « torturées et assassinées »  furent découverts en deux semaines, dont 20 en une seule matinée. Ce chiffre peut être plus important étant donné que le nombre d’arrestations le dépasse de loin. 

Que sont-ils devenus les autres, portés disparus à ce jour ? Ont ils été assassinés et enterrés quelque part ou sont ils encore vivants ? Comment Boutef ose-il « courir » derrière le prix Nobel de la Paix après avoir  décrété une impunité unique en son genre ? 

Parmi les cadavres identifies, il y avait :

 -  Les frères braiti.

 -   Boudjema Abdelwahab, père de 2 enfants et employé dans une société. 

-    Messaoudi Mohamed, taxieur et père de 16 enfants.

 -   Moutadjer, 75 ans, commerçant.

  - Les frères Bairi de la cité Hamana. 

-   Djamel Mekhazni, étudiant.

 -  Laouissi Brahim employé a l’entreprise des galeries.

 -  Un certain Boukhercha (handicapé).

 -  Boussoufa Abdelkader, artiste….. 

Il est utile de signaler que ces faits, entre autres, ont été evoqués par un officier de l’ANP ( Habib Souaidia) dans un livre intitulé « La sale guerre ».

 Ainsi est la triste réalité qu’a vécu cette ville martyrs durant le sinistre  mois de  mai 1994. Les assassins et charognards, responsable de cette horrible boucherie, qui continuent de jouir de leur impunité, n’ont ni foi ni conscience. Comment, aujourd’hui,  Bouteflika ose-t-il parler de valeurs humanitaires alors qu’il vient d’effacer a jamais – pas devant l’histoire Dieu merci -   les crimes commis par ses généraux mercenaires qui ont ordonné a  leurs subordonnés d’égorger un vieillard de 75 ans et qui, les mêmes militaires, avait, deux mois auparavant, tué son fils… et de quelle manière !!! Son thorax et son visage ont été horriblement brûlés. Son épouse n’a pu l’identifier que grâce à un grain de beauté au niveau de sa nuque. Comment Bouteflika, rien que pour quémander le prix Nobel de la paix,  s’est permis de pardonner à la place des victimes  ces comportements abjects,  inhumains pour ne pas dire bestiaux . 

Pour l’histoire, ce témoignage est porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale sur les crimes commis par la junte militaire algérienne, et contre Bouteflika qui, a travers sa propre loi sur l’amnistie générale, a dissimulé sans scrupules des crimes contre l’humanité.

Bouteflika et les généraux ne  cherchent qu’à  préserver leur pouvoir au prix de 200 000 morts et 20 000 disparus.  Quelle honte !                                                                    

L’impunité doit aussi avoir son Nobel… et ses postulants ! 

Militant pour la liberté d’expression et contre l’impunité. Je n’ai jamais manqué de dire les choses en face, surtout lorsqu’il s’agit de dénoncer l’injustice et la répression  des  régimes  dictateurs comme celui qui sévit dans mon pays, l’Algérie.

Dés son investiture en 1999, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait entrepris une action qui a passé l’éponge sur des crimes crapuleux commis a l’encontre du peuple algérien par des généraux assassins de l’armée algérienne, aidés en cela par des drogués et des bâtards des services de sécurité 

 Une action qui n’a rien a voir avec l’humanisme et, encore moins, avec le pardon et le respect de l’homme. Un pardon  qui, aussi étrange que cela puisse paraître, n’a pris en compte  que ceux qui ont torturé, assassiné et  égorgé femmes et enfants.  L’histoire retiendra que Bouteflika, qui tente vainement de l’inscrire dans la ligné des grandes épopées humaines, en faisant de cette action son seul cheval de bataille, n’escomptait en agissant ainsi que le prolongement de son pouvoir avec la bénédiction du cabinet noir,  impliqué dans des assassinats collectifs et des exécutions extrajudiciaires. 

Une action, qui n’exprime aucune honnêteté ni bravoure hors du commun, que seul un pire dictateur  est capable d’entreprendre avec sang froid. 

Une action qui démontre la dépravation de son auteur, dont les premiers signes remontent à sa jeunesse déliquescente, qui, déjà Ministre et membre du conseil de la révolution, s’est adonné a tous  les abus en se mettant au service de la junte militaire et des traîtres de la nation. 

Une action qui doit être dénoncée et combattue par tous les hommes, afin d’éclairer la conduite de tous ceux qui, demain, auront la lourde charge de veiller aux destinées des hommes. 

Une action qui doit être consacrée par le refus, aussi bien national qu’international. 

C’est pourquoi, je m’adresse a tous les hommes du monde, épris de justice, pour leur faire partager ma conviction et pour marquer historiquement la trahison du Président  algérien qui, au delà de son refuge prolongé sous « la gandoura » de ses maîtres Khalidjiens, alors que le peuple algérien traversait les moment les plus sombres de son histoire, est revenu réacquérir le pouvoir, sur le dos de milliers victimes de la guerre civile algérienne,  et pardonner au criminels, en dépit du refus  manifestés sans relâche par des pères et des mères qui ont assisté, impuissants a l’interpellation de leurs enfants  par les membres des services de sécurité. Les plus chanceux de ces parents  ont  récupéré des corps, sans vie, abandonnés  dans  des décharges publique ou dans la rue. Quant aux moins chanceux, ils attendent ce que dira Bouteflika au sujet des leurs jeunes enfants,  portés disparus a ce jour, avant de demander a ses sbires de le proposer comme candidat au prix Nobel de la paix. 

Le présisent algérien doit savoir qu’au  moment même ou  il  mettait en application sa loi amnistiant  les crimes commis par « les escadrons de la mort » crées par Belkheir, Nezzar, Chengriha, Lamari et autres, ces derniers ne chômaient pas et  continuaient  de commettre leurs crimes dans des lieux situés a quelques pas du palais présidentiel.       

O.S                           

                                                                                                                                                                                                 

                    Un prix Nobel (de l'impunité) pour Boutef ! BOUTEF

              Le postulant au prix nobel de l’impunité

 

Temoignage Numero 2 ( Source : Algeria-Watch, 13 mai 2003)

                     assassinat et torture en 2003

                »Ni Bouteflika ni ton Dieu peuvent te sauver de nos mains »

Mohamed Belkheir demeurant à Lakhdaria, Mars 2003

Belkheir Mohamed, né le 06 mars 1964 à Thénia (Boumerdés), demeurant à Lakhdaria., marié et père de deux enfants. Restaurateur

J’ai été arrêté dans la nuit du 16 au 17 mars 2003 vers 00 h 30 par des hommes armés déclarant n’être ni policiers ni gendarmes mais les  » Dieux de l’Algérie « , selon leur propre langage. Au cours de mon arrestation, ces personnes ont réveillé mes enfants de 04 et 11 ans par leurs cris, leurs propos injurieux et menaçants. J’ai été ensuite menotté dans le dos devant mes enfants et ma femme et poussé vers la sortie. Ma femme qui leur demandait des explications sur cette arrestation arbitraire a été bousculée et frappée sans ménagements.
J’ai été ensuite jeté dans une Toyota 4×4 de couleur blanche et banalisée, la tête entre les genoux. J’ai pu remarquer le cortége de véhicules qui était composé de cinq Toyota 4×4 de couleur blanche et d’une Peugeot 405 familiale de couleur blanche et banalisée, elle aussi.
Les personnes qui ont procédé à mon kidnapping étaient pour certaines habillées de tenues de combat de couleur noire. Certains portaient des casques militaires, d’autres étaient en tenue civile. Ils étaient tous armés de Kalachnikovs. Certains avaient des talkies-walkies et des gilets pare-balles.

Au cours de mon transfert, j’ai été brûlé à la main par des cigarettes au haschich (drogue) dont je connais l’odeur. Près de Ben Aknoun, on m’a recouvert la tête avec ma veste afin de m’empêcher de voir où nous nous dirigions. J’ai pu remarquer que nous entrions à Ben Aknoun. Il m’est impossible de dire avec précision le lieu où j’ai été détenu pendant dix jours.
Dès mon arrivée dans ce lieu, on m’a ordonné de manière brutale de me déshabiller et on m’a fourni un uniforme militaire de couleur verte composé d’un pantalon et d’une veste de combat de l’armée algérienne. J’ai été ensuite placé dans la cellule n° 3 située en face des toilettes. La cellule n° 3 est large d’un mètre sur 2,50 m (composée de huit carrelages en gerflex de 30 cm). Et les murs sont faïencés, sur une hauteur d’environ 1,50 m. Il me semble que ces aménagements sont récents. Et d’après ce que j’ai pu voir à travers les fissures du guichet de la porte, il me semble qu’il y ait 18 cellules réparties en deux rangées séparées par un couloir. Pendant que je me trouvais dans la cellule n° 3, j’entendais les cris d’un supplicié. Après avoir entendu la porte d’une cellule s’ouvrir et se refermer sur le supplicié, on vint me chercher.

Environ 20 minutes après mon arrivée, vint mon tour à être torturé. En sortant de la cellule, je devais me tenir courbé et avancer sous les coups et les insultes du genre :  » Ni Bouteflika ni ton Dieu peuvent te sauver de nos mains, on peut te tuer comme on peut te libérer, le choix est à nous « . J’ai été emmené ainsi jusqu’à un bureau où se tenaient huit personnes aux visages méchants et aux comportements de voyous et qui prétendaient appartenir au DRS. On m’a fait asseoir sur une chaise métallique scellée au plancher. J’ai voulu connaître les causes de cette arrestation et sans terminer la phrase, j’ai reçu des coups de part et d’autre de mes tortionnaires qui exécutaient aveuglement les ordres de leur chef. Et il m’a été répondu : « ou tu parles ici ou tu passes au chiffon « . Continuant à vouloir connaître les causes de ma présence dans ces locaux, j’ai été emmené à la salle où se trouve une table de torture sur laquelle sont fixées des sangles blanches. Aux pieds de cette table était posé un bidon (bidon d’huile) en plastique de 5 litres coupé et rempli d’eau. J’ai été entièrement déshabillé et attaché sur cette table, les bras, les jambes, les cuisses, les pieds et la poitrine fixés par les sangles. Un chiffon mouillé (mon slip) était posé sur la bouche et les yeux bandés par mon tricot de peau.
Avant de commencer les tortures, ils m’ont dit : « lorsque tu voudras parler, lève ton index droit « . Ne sachant quoi dire, j’ai été torturé durant plusieurs heures, j’étouffais. De l’eau savonneuse m’était versée par la bouche, pendant que d’autres me frappaient avec un câble électrique de fort diamètre sur toutes les partie du corps, en s’acharnant plus particulièrement sur mon sexe. Cette séance a été interrompue pendant quelques secondes pour me permettre de parler et répondre aux questions de mes tortionnaires que je ne comprenais pas. N’ayant rien à dire, les séances reprenaient avec plus d’acharnement encore.

Je fus ensuite libéré de mes sangles et frappé sur les fesses avec un manche de pioche, tout en étant reconduit dans ma cellule. Avant de refermer la porte, ils m’ont dit de réfléchir, car eux, avaient tout leur temps.

Après les tortures physiques, ce fut le tour des tortures morales. Le soir du 17 mars 2003, je fus emmené à nouveau vers la salle d’interrogatoire. On m’a déclaré : « Ou tu parles ou nous amenons ta femme et nous en ferons cadeau aux terroristes qui occupent les cellules voisines « . Devant cet état de fait et sachant que ma femme me cherchait dehors, j’ai opté pour dénoncer à tort tous mes voisins et amis afin d’abréger mon calvaire et mes souffrances. N’étant pas content de mes dires, ils m’ont transféré de la salle d’interrogatoire vers la salle de torture où je fus attaché sur la table, les yeux bandés. J’ai subi la torture à l’électricité. Un fil fut enroulé sur mon orteil du pied gauche mouillé. Puis ils posaient sur moi (surtout sur mon sexe, un autre fil qui déclenchait une décharge électrique. Ils alternaient avec des séances de chiffon. Ces tortures ont duré jusqu’au dimanche 23 mars. Chaque jour, ils me torturaient le matin et le soir, épuisé et fatigué, je subissais des tortures morales (insultes, menaces d’amener ma femme et de la déshabiller devant moi et les tortionnaires……..).

J’entendais les hurlements des autres détenus qui étaient torturés. J’avais très peur de ces malades mentaux qui étaient capables de tout. Ils insultaient tout le monde : la justice, les ONG, les partis politiques, surtout Aït Ahmed (FFS) et le président Bouteflika et sa politique de réconciliation. Un tortionnaire m’a dit :  » Si Bouteflika règle le problème du terrorisme, avec qui nous travaillerons alors ? « .

Le vendredi 21 mars 2003, je n’ai pas été torturé de toute la journée.

Le dimanche soir, 23 mars, on m’a fait signer un paquet de feuilles dactylographiées sans qu’il me soit possible de lire quoi que ce soit. Et sous les menaces de passer encore sur la table de torture, j’ai préféré signer pour quitter ces lieux sinistres et ces tortionnaires sans instruction et être présenté à la justice. Un médecin m’a examiné et a établi un certificat médical, sans tenir compte des sévices corporels que je lui ai déclarés et qu’il a vus. Je pense que c’est un complice qui travaille au service du DRS.

Après mon passage chez le juge d’instruction, toujours sous les menaces de représailles si je contredisais le PV du DRS et mon transfert à la maison d’arrêt de Serkadji (Alger), j’ai pu montrer les traces évidentes de tortures au médecin de la prison qui les a constatées et a établi un certificat médical contresigné par le directeur de l’établissement pénitencier. Une copie de ce certificat médical a été transmise au juge d’instruction de la 5e chambre du tribunal d’Alger.
J’ai été incarcéré le 26 mars 2003, mais je n’ai été examiné par le médecin de la prison que le 02 avril, soit une semaine après.

Je n’ai aucun lien avec les terroristes, ni de près ni de loin. Je suis un simple citoyen démocrate, connu par tout le monde dans la région de Lakhdaria pour ma gentillesse et mon éducation. J’ai soutenu la campagne électorale (APC/APW) du FFS d’Aït Ahmed. J’ai dénoncé les méthodes de tortures des services de sécurité comme j’ai dénoncé un membre des services de sécurité pour son implication dans les cas de disparitions dans la région (Lakhdaria). Pour se venger de ma personne, ils m’ont accusé à tort et sans preuves apparentes. Je suis innocent !

Prison de Serkadji. Le 13 mai 2003.
Belkheir Mohamed.
N° d’écrou : 55373.

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